Mercredi 23 juin 2010
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Suite à la réunion avec les partenaires sociaux, la Région s’engage dans la mise en œuvre de mesures
concrètes pour faire avancer la question de la pénibilité au travail dans le cadre de la réforme des retraites
Le Gouvernement a présenté son projet de réforme des retraites. Outre le recul inacceptable de l’âge de départ à la
retraites de 60 à 62 ans et l’effort insuffisant demandé aux plus hauts revenus et aux revenus du capital, ce projet est marqué par une injustice flagrante sur la question de la prise en compte
de la pénibilité du travail.
Or, des solutions justes existent dès lors qu’on prend la peine de les examiner sans parti-pris idéologique. C’est ce que
nous avons fait hier en réunissant à la Maison de Région les partenaires sociaux (syndicats de salariés et représentants des employeurs), les organismes intéressés par la question de la
pénibilité au travail, des médecins du travail et Serge Volkoff, membre du Conseil d’orientation des retraites et spécialiste de ce thème. Je souhaite remercier les élus régionaux présents et
ceux qui ont travaillé à la préparation de cette importante réunion : Jacky Emon, Françoise Mesnard et Jean-François Macaire.
Des conclusions partagées par l’ensemble des participants ont été tirées de cette réunion de travail de 3
heures.
A la suite de ce dialogue, la Région Poitou-Charentes souhaite promouvoir clairement une vision sociale de la
compétitivité, induisant que les salariés sont plus efficaces, et donc plus rentables, lorsqu'ils travaillent dans de bonnes conditions.
Pour ce faire, une approche individuelle du mieux être au travail, une mobilité entre les postes de travail (les postes
pénibles devraient tourner régulièrement, et les salariés pourraient évoluer) et un dispositif de formation tout au long de la vie (permettant de fait l'évolution de poste de travail) doivent
être mis en place.
Ceci pourrait se faire par des expérimentations auprès d'entreprises volontaires qui seraient alors aidées par la Région
pour repenser individuellement et collectivement l'organisation du travail. Ces actions seraient associées à de larges plans de prévention et de sensibilisation au sein des entreprises. Ceci
pourrait aboutir à terme à une labellisation des entreprises en fonction de leurs comportements et de leurs efforts envers les métiers pénibles.
Car le premier objectif n'est pas de constater la pénibilité mais bien de la réduire ! Il est ainsi nécessaire d'inciter
et de soutenir la recherche sur l'organisation du travail afin de lutter contre l'intensification des rythmes au travail. Cette lutte passe également par une incitation forte au dialogue social
sur les territoires et dans les branches d'activités.
La volonté du gouvernement est à l'opposé de cette démarche de prévention. Il faudrait ainsi, afin de bénéficier d'une
retraite à 60 ans, prouver un taux d'incapacité au travail (IPP) de 20% au moins. Cette mesure est profondément choquante car cela représente, derrière la froideur d'un pourcentage, de lourds
handicaps pour les salariés, et beaucoup de médecins du travail témoignent qu’on est bien souvent inapte au travail avant d’atteindre ce taux de 20%. Ce sont les plus précaires qui seront touchés
par cette réforme scandaleuse. Le choix proposé, c'est l'hôpital ou la retraite !
Et c'est pourquoi la Région souhaite lancer une étude régionale détaillée permettant de mettre en lumière la réalité
concrète de ces incapacités de travail située entre 5% et 20%, et de comprendre le degré réel de souffrance des salariés qui sont les laissés pour compte de cette réforme.
La Région va donc mettre en place un comité de pilotage régional réunissant tous les acteurs sociaux et les experts afin
de mettre en place et de suivre l'évolution de ces mesures.
Plus globalement, j'ai rappelé ma proposition que soit organisé un référendum populaire afin que les Français puissent
s'exprimer et faire barrage à cette réforme réactionnaire remettant en cause un acquis social fondamental de notre pays.
Ségolène Royal
Présidente de la Région Poitou-Charentes