Jeudi 6 août 2009
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Une histoire industrielle méprisée par les constructeurs automobiles français.
Dignes héritiers des Manuchards qui ont fait la réputation et la richesse de Châtellerault, les salariés de Fabris depuis
1947 ont accumulé un savoir faire dans l’usinage automobile qui a fait les beaux jours des actionnaires de Renault et PSA. Jusqu’au jour où la seule logique financière et à courte vue a
décidé de faire fabriquer ailleurs, en dépit des hommes et des femmes qui ont su pendant près de 60 ans produire et développer des produits de qualité.
A l’annonce de la liquidation de l’usine, les salariés se sont battus comme des lions, aux côtés des organisations
syndicales, pour obtenir une prime supra légale, compensation légitime pour les 366 emplois perdus. Négociations, revendications, mobilisation ne sont pas venus à bout des dictats du monde de la
finance.
Nous rendons hommage aux salariés qui défendent leurs droits pour vivre, assurer l’avenir de leurs enfants et ont
toujours fait preuve d’un attachement à leur entreprise.
Nous sommes solidaires de leur amertume, de leur profonde tristesse et maintenant aussi de leur crainte pour
l’avenir.
Quelques paroles des Fabris privés de leur emploi
« On nous arrache sauvagement notre travail, on nous laisse une usine déchirée par les effets de la crise et pillée
de ses marchés sous l’orchestration de PSA et Renault »
« Je suis allé au CTP, on m’a proposé un emploi de boucher, j’ai eu le sentiment qu’on se foutait de moi, après 35
ans d’usinage ! »
« On est méprisé, sali, on n’a plus d’avenir, mais on a bien fait de se battre »
« On a voulu nous faire passer pour des terroristes, alors qu’on a simplement voulu défendre notre droit au
travail »
Le jeudi 30 juillet, les salariés ont organisé une manifestation pour mobiliser l’ensemble des salariés menacés de
licenciement.
Aux côtés de JF Macaire vice-président du Conseil Régional, des élus de l’agglomération, d’anciens maires de Châtellerault : Edith Cresson et Joël Tondusson, des militants
syndicaux et des partis de gauche, de salariés solidaires, j’ai accompagné ce grand mouvement social.
La Présidente de Région Ségolène Royal a mené toutes les démarches possibles pour faire aboutir la demande légitime des
salariés pour respecter leur dignité.
De réunions en sous préfecture aux négociations à Paris, j’ai apporté mon soutien permanent aux Fabris. Le vendredi 31
juillet, lorsqu’ils ont quitté leur usine pour la dernière fois, l’émotion a masqué tout le reste, sans gommer pour autant l’angoisse de demain.
Je remercie tous les Fabris des échanges que nous avons eus, riches d’enseignement et d’humanité. Ce combat exemplaire,
mené courageusement nous force collectivement à réfléchir sur la construction d’un monde solidaire et respectueux des individus.